Mon Enfance Sauvage

Revue de Presse « Terre Courage »

Saint-Girons. Djalla-Maria Longa raconte son dernier livre

Publié le 24/10/2013 à 03:49, Mis à jour le 24/10/2013 à 08:55

Le troisième ouvrage de Djalla-Maria Longa ne sortira en librairie qu’au mois de février, mais en exclusivité pour «La Dépêche», l’écrivaine en a dévoilé le thème.

Il s’agit du regard porté par les Ariégeois sur les néoruraux qui se sont installés dans les années «70» dans les vallées massatoises. Elle raconte les conflits et les peurs engendrées. C’est, dit-elle, un sujet épineux à traiter et elle a mis longtemps pour écrire ce livre car il lui a été difficile de faire ressortir les dérives des uns et des autres sans blesser personne.Je me suis rendu compte que les Ariégeois avaient beaucoup d’humour et qu’au fil du temps il y a eu une grande complicité entre les nouveaux arrivants et les gens du pays et pourtant on n’en a jamais parlé, on ne sait pas vraiment ce qui s’est passé. Lors de mes conférences pour présenter mon premier livre «Mon enfance sauvage», les auditeurs me demandaient comment mes parents avaient réussi à se faire accepter. Alors j’ai découvert qu’il y avait un sujet à traiter. La question est là, les réponses sont dans mon livre qui sortira en librairie au mois de février. Ce n’est pas tout à fait un roman mais un récit, un témoignage qui ressemble beaucoup à «Mon enfance sauvage» car c’est une vraie histoire même si certains passages sont romancés. Je veux garder encore quelque temps le titre de mon troisième ouvrage secret.»

La Dépêche du Midi


Djalla-Maria Longa a dédicacé ses deux livres au Salon des cartophiles./Photo DDM.


la chaîne d'information en Ariège-Pyrénées  

édition du 27 janvier 2014

Le nouvel opus de Djalla-Maria Longa bientôt en librairie

Après Mon enfance sauvage, le premier ouvrage de Djalla-Maria Longa paru aux éditions Glénat en 2011 et lauréat du prix Littérature Pyrénées 2012, puis son roman La rebelle du désert, l’auteur entraîne de nouveau les lecteurs dans les Pyrénées.

Son nouvel ouvrage, Terre courage, vraie fresque de la vie populaire ariégeoise contemporaine, est une histoire vécue de l’intérieur, en tant que fille de néoruraux.

Djalla-Maria Longa revient ainsi sur son enfance, son vécu, mais s'appuie également sur des témoignages recueillis en Ariège.

L'histoire se déroule à Massat, au cœur de l’Ariège, dans les années soixante-dix. De nombreux jeunes hippies ont choisi de s’installer dans ces hameaux du bout du monde désertés par les autochtones. Le relief, la rigueur du climat rendent le quotidien particulièrement difficile. Ne s’installe pas qui veut sur cette «terre courage»

Ce livre est avant tout l’histoire d’une confrontation entre le monde paysan ariégeois et la jeunesse hippie, souvent urbaine. Les uns doivent s’ouvrir à un univers qu’ils ne comprennent pas; les autres apprendre à faire la part des choses entre refus du superflu et exigence du nécessaire.

Quand de jeunes citadins en rébellion décident d’aller vivre dans les montagnes ariégeoises, ils ne soupçonnent pas les épreuves auxquelles ils vont être confrontés…

«C’est avec un effarement total que les Ariégeois virent débarquer, au début des années soixante-dix, de jeunes contestataires, en rupture avec la ville, refusant les contraintes comme les règles. Enfants d’une révolution lointaine – Paris en mai 68 –, voire plus lointaine pour certains – mouvement hippie californien –, ils refusaient les artifices citadins mais ignoraient tout des lois de la nature les plus élémentaires.

Inconnus du pays, inconnus au pays, il leur fallait tout découvrir, fonder de nouveaux liens, conquérir une vraie liberté, au sein d’une nature puissante que tant d’autres avaient fuie: c’était beaucoup, beaucoup d’efforts à fournir...»

Les lecteurs se sont déjà passionnés pour Mon enfance sauvage, ouvrage vendu à plus de 5000 exemplaires. Ils devront patienter jusqu'au 12 février, date de la sortie de Terre Courage, pour découvrir une autre facette de la communauté hippie en Ariège et du regard qui est porté sur elle.

Reportage de Carine Obin du 11 février 2014

Rencontre avec Djalla-Maria Longa – Deuxième Partie


Nous poursuivons notre conversation avec l’auteur Massatois Djalla-Maria Longa, dont le dernier livre “Terre Courage” parait mercredi 12 février aux éditions Glénat… un nouveau livre qui la réconcilie avec le terme “écrivaine” ?        


Reportage de Carine Obin du 10 février 2014

Rencontre avec Djalla-Maria Longa – Première Partie


Le nouveau livre de Djalla-Maria Longa parait le 12 février, mercredi, aux éditions Glénat. Il s’intitule “Terre Courage”… A quelques jours de la date fatidique, Nous avons demandé à l’auteur Massatois comment elle se sentait…

Massat. La «Terre courage» de Djalla-Maria Longa   Publié le 09/02/2014

«Terre courage», le nouveau livre de Djalla-Maria Longa, paraît chez Glénat le mercredi 12 février, une sortie qui est l’occasion pour l’auteur massatois de rencontrer son public lors de séances de dédicace. «J’aime répondre aux questions de mes lecteurs, et ils m’en posent beaucoup ! D’ailleurs, ce sont un peu ces questions qui sont à l’origine de ce livre. «Mon enfance sauvage» était mon histoire et celle de mes parents venus s’installer dans le Massatois dans les années «80», leur choix de vie en autarcie. De cette époque il me restait beaucoup d’anecdotes, d’histoires qui éclairent le fossé qui a existé entre le monde paysan et le monde hippie, c’est le propos de ce nouveau livre.»

Pourquoi avoir démarré ce livre dans les années «70» ?

Il y a eu un mouvement de hippies sur le Massatois à cette époque. Et ça ne s’est pas bien passé, ils manquaient de respect ; ça explique les réticences des Ariégeois quand mes parents sont arrivés, quelques années plus tard. Et ça, ce sont des Ariégeois qui me l’ont expliqué. Je ne le savais pas et ça m’a permis de comprendre beaucoup de choses.

Quelle a été la difficulté de ce nouveau livre ?

De raconter la vérité sans nuire à personne. Ce qui m’a aidée, c’est d’inventer une huitième vallée à Massat. Et c’est dans cette vallée que j’ai ancré mes anecdotes, en changeant les noms, les lieux afin de préserver la vie de chacun.

Vous êtes témoin de votre époque, encore ; c’est une mission ?

Mon enfance sauvage était plus personnelle, j’avais besoin de montrer aux gens qui j’étais. Pendant longtemps je refusais l’étiquette «hippie». Et c’est marrant parce que aujourd’hui j’écris là dessus et je me demande même parfois si je ne le fais pas pour comprendre quelque chose. Ce qui est sûr, c’est que ce livre comme le précédent m’ont permis de comprendre beaucoup de choses de ma propre vie, de défaire des nœuds. J’ai toujours une recherche de tolérance ; est-ce que c’est mon caractère ou ma justice à moi ? Il y a peut être un peu de tout ça.

Djalla-Maria Longa dédicacera «Terre courage» le 12 février, à la médiathèque de Massat (de 10 heures çà 12 heures et de 15 heures à 17 h 30) ; sur Saint-Girons, le samedi 15, à La Mousson, et le 19, à La Lettre». Contact : http://monenfancesauvage.fr

« Terre courage », véritable fresque de la vie populaire ariégeoise contemporaine./Photo DDM.


Ils ont choisi de vivre en marge Témoignage Publié le 16/02/2014

Djalla-Maria Longa est née dans une famille hippie à Massat, en Ariège, en 1980. Après un premier livre «Mon enfance sauvage», où elle racontait ses premières années, elle publie «Terre courage». Un ouvrage où elle évoque l’installation des néoruraux en Ariège, dès 19 70.

Vous racontez de façon romancée l’arrivée des hippies en Ariège et la réaction que cela a suscité chez les habitants…

Au moment de l’arrivée des hippies, je n’étais pas née. Du coup, je suis allée chercher des anecdotes à droite à gauche. Ce sont vraiment des choses vécues. Il m’a semblé important de décrire leur long processus d’intégration. Quand j’étais petite, il y avait carrément un fossé entre nous et les gens du cru. On n’allait pas aux anniversaires des uns, des autres. Nous, les enfants des hippies, les «peluts» comme on les appelait, on a été victimes de ces relations-là.

Les «peluts» étaient mal reçus ?

Ils sont arrivés ici sans éducation. Ils ne savaient pas faire du bois. Quand les Ariégeois les ont vus brûler les planches de leur maison pour se chauffer, ils les ont regardés en se disant : «Mais ce n’est pas possible !» Ils ne savaient même pas se nourrir, et ils volaient à la supérette du village pour trouver de quoi manger.

Vos deux parents sont hippies ?

Ma mère oui. Mon père était paysan. Fils de colonel, il a toujours rêvé d’être berger et il est venu s’installer ici. Je suis un mélange des deux.

À quoi ressemblait votre enfance ?

Je n’allais pas à l’école, on faisait tout à la main comme les paysans d’autrefois. On ne possédait absolument rien du monde moderne. On vivait en autarcie. On s’entraidait beaucoup d’une maison à l’autre. Il y avait des hippies plus tolérants que d’autres. Ma mère faisait partie des plus rebelles.

Aujourd’hui, à 32 ans, comment vivez-vous ?

Je cherche toujours le juste milieu entre ce que j’ai vécu enfant et la société actuelle. J’ai une maison avec tout le confort : toilettes sèches, panneaux solaires, eau chaude, salle de bain, électricité, machine à laver… Dans mon éducation avec mes trois enfants, j’essaie de piocher des valeurs des deux côtés.

C’est-à-dire ?

Mes enfants vont à l’école. Dans la famille, on est 8 frères et sœurs, aucun n’a ce côté hippie aujourd’hui même si on est proches de la nature.

Que retirez-vous de cette éducation ?

Mes parents avaient choisi cette vie-là, nous, on n’avait pas le choix. On ne se posait pas de questions. Mon père nous apprenait à lire, écrire, compter. On avait un niveau CP. À l’adolescence, j’ai été la première des huit enfants à vouloir partir. Pour ma mère, ça a été blessant. Naïvement, elle pensait qu’on allait refaire sa vie.

Comment avez-vous rattrapé votre niveau scolaire ?

Grâce à un professeur de français. Il m’a tout réappris : l’orthographe, la ponctuation, la tournure de phrases. Mon premier livre, j’ai mis 7 ans à le faire parce que j’écrivais phonétiquement.

Votre prénom Djalla-Maria, d’où vient-il ?

Mes parents inventaient les noms de leurs enfants. Comme elle n’allait jamais voir les médecins, ma mère était persuadée qu’elle attendait un garçon. Le jour où je suis née, elle n’avait pas prévu de prénom féminin. Je suis arrivée très vite, mon père a eu à peine le temps de m’attraper et il a dit : «Elle est déjà là», d’où Djalla. C’est du spontané ! Et Maria, c’est parce qu’à la mairie de Massat, ils n’acceptaient pas les noms farfelus.

Recueilli par Sophie Vigroux

Djalla-Maria Longa a dédicacé dans les deux librairies de la ville son troisième livre, qui raconte le regard porté par les Ariégeois sur les néoruraux venus dès les années «70» s’installer dans les vallées massatoises. Elle parle de son dernier opus avec beaucoup de spontanéité.

Quelles sont les motivations qui vous ont poussée à écrire «Terre courage» ?

«Terre courage» n’est pas une suite mais un rattachement à mon premier livre. Ce sont les lecteurs qui m’ont ouvert les yeux avec des questions du genre : étiez-vous acceptés par les Ariégeois de souche ? Comment vos parents ont-ils su s’adapter à un tel climat mais aussi aux gens du cru ? Quelles étaient les relations entre paysans et les nouveaux venus ? Que sont devenus aujourd’hui ces enfants de néoruraux ? Ce n’est pas un roman mais bien un récit. J’ai juste inventé la huitième vallée de Massat afin de préserver la vie de chacun. À l’inverse de «Mon enfance sauvage», j’ai également modifié les lieux et les noms des gens.

Djalla-Maria Longa, quel écrivain êtes-vous ?

Je cherche sans doute, à travers mes écrits, à comprendre certaines choses. Je suis partie à la recherche de témoignages, aussi bien du côté ariégeois que de celui des néoruraux. Il m’a fallu du temps, puis j’ai ajouté mes souvenirs mais aussi ceux de mes amis d’enfance. J’ai découvert des secrets, qui sont maintenant dans «Terre courage». J’ai ressenti que c’était un sujet sensible. Il m’a donc semblé important d’en parler.

«Terre courage» est un slogan très connu, pourquoi l’avoir choisi comme titre de votre dernier récit ?

Il colle vraiment au thème de mon récit. Du courage, il en faut pour vivre en Ariège. Et il faut avouer que les nouveaux venus n’avaient pas choisi non plus la voie la plus facile. Les gens du pays n’ont d’ailleurs pas compris tout de suite le choix de ces citadins. Cela dit, je me souviens très bien d’un vieil Ariégeois qui me disait souvent : «Vous savez, les gens, c’est comme les champignons, il y en a des bons et des mauvais, un peu partout».

La Dépêche du Midi


Saint-Girons. «Terre courage», un récit de D.-M. Longa

Publié le 04/03/2014 à 03:52, Mis à jour le 04/03/2014 à 08:56




Publié le 04/03/2014 à 03:52, Mis à jour le 04/03/2014 à 08:56